Honorables dirigeants, distingués collègues et chers partenaires, nous nous trouvons aujourd’hui à un carrefour décisif où le développement national durable dépend entièrement de la valorisation stratégique de nos industries locales. Conformément à l’article 35, alinéa 2 de la Constitution de la RDC, qui impose à l’État le devoir de veiller à l’émergence d’une classe moyenne nationale, il est impératif de mettre en œuvre des réformes structurelles immédiates afin de garantir que les richesses de notre nation profitent directement à nos concitoyens.
Le gouvernement doit systématiquement autonomiser les entreprises locales en accordant la priorité absolue aux sociétés à capitaux congolais pour l’ensemble des marchés publics, des appels d’offres de l’État et des projets d’infrastructure. Cet objectif sera rigoureusement exécuté à travers l’application stricte et le renforcement du cadre de l’Autonomisation Économique des Congolais (A.E.C.).
Pour donner une assise juridique incontestable à cette démarche, l’action étatique doit s’appuyer sur :
- La Loi relative aux marchés publics (Loi n°10/010) : En exploitant pleinement les mécanismes de « préférence nationale » prévus par ce texte pour favoriser l’attribution des contrats publics aux entrepreneurs locaux.
- La Loi sur le contenu local (Local Content) : Récemment promulguée sous l’impulsion de l’Autorité de Régulation de la Sous-Traitance dans le Secteur Privé (ARSP), cette loi consacre historiquement la souveraineté économique de la RDC en ancrant l’industrialisation et les services au sein des entreprises nationales.
- La Loi sur la sous-traitance dans le secteur privé (Loi n°17/001) : Récemment réformée pour durcir les sanctions contre les entreprises contrevenantes, elle impose que les activités connexes soient réservées de manière exclusive aux PME à capitaux majoritairement congolais.
Par conséquent, une priorité absolue pour tous les contrats étatiques doit être accordée aux firmes nationales avant toute considération d’entreprises étrangères — notamment celles de la Chine, du Japon ou de l’Afrique du Sud. Nous soutenons fermement que les entrepreneurs congolais, opérant tant sur le territoire national qu’au sein de la diaspora mondiale, possèdent l’expertise spécialisée et les compétences nécessaires pour offrir des résultats supérieurs à ceux des sous-traitants étrangers.
Afin de maximiser la participation, ces appels d’offres publics doivent être diffusés de manière transparente à l’échelle mondiale. Cela permettra aux chefs d’entreprise congolais du monde entier de prendre connaissance des projets nationaux et d’y soumissionner. En renforçant strictement ces dispositions légales et ces cadres réglementaires, nous stimulerons efficacement la croissance macroéconomique, maintiendrons les capitaux à l’intérieur de nos frontières et réduirons de manière substantielle le taux de chômage national.
En conclusion, en institutionnalisant le cadre de l’A.E.C. par le biais des instruments juridiques existants de la République, nous passerons d’une économie dépendante d’acteurs extérieurs à une puissance économique souveraine et autosuffisante, portée par l’innovation et le leadership congolais.

